Je suis né en 1920 à Lausanne en Suisse (canton de Vaud) d'une mère orpheline trouvée dans la bruyère et je n'ai par conséquence pas eu de famille du côté de ma mère qui est morte de tuberculose lorsque j'avais 3 ans. Vu mon état physique, on m'a placé en préventorium à Leysin en Suisse. Mon père un représentant s'est remarié et vers 5 ans ma belle-mère a décidé de me sortir du préventorium pour vivre avec eux à Vevey, rue du lac. Depuis ce jour elle est devenue ma « nouvelle maman ».

 À l'âge de 7 ans ma sœur est née. Ma santé était toujours fragile et j'ai fait plusieurs séjours dans un établissement de soins à « la nichée » à Chexbres. Mes études en ont été affectées et mes notes catastrophiques.

Roger & Colette
Toujours malade jusqu'à l'âge de 11 ans je suis resté souvent seul à la maison a regarder par la fenêtre l'animation des rues, parfois je me rendais à Aigle chez mes grands-parents, puis j'ai fait un séjour à 1000 mètres d'altitude dans le canton de Saint-Gall, à Amden chez des amis de mes parents et ma santé s'est bien améliorée.
bugle J’ai joué du bugle, de 12 à 16 ans, dans la fanfare des cadets de Vevey, avec le peu de souffle que j'avais et donc le peu de son que je sortais, la fanfare m'a tout de même adopté.

 J'ai pu reprendre des études jusqu'à l'âge de 16 ans qui ont vu mes notes bien progresser mais pas suffisamment pour les poursuivre, je suis donc entré en apprentissage dans un salon de coiffure comme « apprenti coiffeur ». Les premiers jours, fier d'avoir un travail, je ne quittais pas ma blouse blanche pour rentrer chez mes parents pour dîner. Mais très vite je me suis aperçu que ce travail était dur physiquement, j'étais toujours debout et penché.
C’était trop dur pour moi qui étais bien frêle mais j'ai tenu le coup et j'ai poursuivi mon apprentissage jusqu'à l'âge de 18 ans, d'abord comme coiffeur messieurs puis j'ai poursuivi dans une école de coiffure pour dames (1 an à Lausanne).

 J'ai été employé pour une année chez un coiffeur à Schwanden en Suisse allemande (canton de Glaris) puis je suis revenu chez un coiffeur à Vevey. En même temps que la coiffure, je m'occupais bénévolement de jeunes à l’UCJG (Union Chrétienne de Jeunes Gens), c'est là que j'ai commencé à faire du théâtre. Au cours de mes nombreux voyages en train (je faisais des remplacements dans les salons de coiffure) on m'a présenté la communauté de Taizé en Saône-et-Loire (France). J’y suis allé avec l’intention de devenir frère de cette communauté. Des incompréhensions ont écourté mon séjour et j’ai abandonné l’idée de devenir frère protestant.

De retour j'ai travaillé à Bex, à Morges où j'ai travaillé 5 ans, puis ce fut le début de la guerre. Appelé par l'armée suisse, je suis parti comme ordonnance d'un officier jusqu'à la démobilisation à la fin de la guerre où je suis revenu à Vevey, toujours pour des remplacements dans des salons de coiffure. Je suis retourné en Suisse allemande près de Zurich, à Pfaeffikon (durant une année).
coiffeur en Suisse
Mon père m'a trouvé une place à Vevey, heureux de me faire revenir à la maison. Durant cette période je suis parti 3 mois à Cully pour un remplacement (le coiffeur partait faire son service militaire). À l'automne 1950 j'aurais dû entrer chez un coiffeur à Vevey ; mais le projet de faire du théâtre avec mes trois compagnons, Pierre, Dona sa fiancée et Marc nous formions une équipe de théâtres à l’UCJG se précisa. Une veille de Noël 1950 nous avons décidé de partir sur les routes pour apporter notre témoignage chrétien avec le nom « groupe des quatre » qui deviendra très rapidement « les comédiens de l'Étoile » (comédiens pour le théâtre et étoile car la décision a été prise une veille de Noël).

 Après avoir préparé notre spectacle chez le pasteur Schlosser (dans le Jura) nous nous sommes joints, pour l'été 1951, à un groupe de jeunes l’AUCARO (Aurillac, Cahors, Rodez) qui évangélisait par la chanson à l'ouest de la France. Par la suite, le pasteur de Castres nous a invités à vivre dans son presbytère le temps de préparer un autre spectacle que nous avons présenté dans diverses villes du sud de la France. Nous avons abouti à Combas au nord de Nîmes qui est devenu notre centre de vie jusqu'à l'été 1956.

 Les spectacles présentés par les comédiens de l'Étoile comportaient toujours 2 parties, une première partie comique et une seconde en rapport avec la religion (exemple : le petit pauvre) et durant toutes ces années notre troupe a parcouru la France, la Suisse (jouant devant nos parents heureux de nous retrouver après nous avoir laissé partir fâchés), la Belgique et la Hollande (jouant devant un public comprenant le français mais réagissant avec un temps de retard).
Pour la pièce « la jalousie du barbouillé » de Molière, nous avions l'habitude des rires du public français et ce fut surprenant d'avoir un public silencieux puis riant à retardement (après que les hollandais aient traduit). Lors d’une représentation en Belgique un spectateur est monté sur scène après la pièce « la vie de Saint-François-d'Assise » en pleurant pour nous remercier.

théâtre de roger Tous les jours étaient différents; souvent invités le soir après le spectacle par l’habitant, nos logis passaient du château à la paillasse. Certains soirs où la recette avait été inexistante ou presque, un bout de pain, une sardine et une pomme ont parfois constitué notre repas quand d'autre soir un repas complet chez l'habitant se poursuivait par une conversation qui durait jusqu'à 1 heure du matin. Pour renflouer la caisse de la troupe, nous avons fait les vendanges à Combas tout en préparant notre nouveau spectacle.

 

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